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yaa_asantewaa

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Adoption d'enfants Kamits par les blancs
Le Monde.fr : Des échos d’adoptions illégales qui résonnent jusqu’au Congo
Et si l’affaire de l’Arche de Zoé n’avait rien d’exceptionnel ? Si ce n’était que l’épisode raté d’une mauvaise fiction qui se serait déjà jouée ailleurs en Afrique, de manière moins spectaculaire ? «Tout le monde sait que des cas semblables d’adoptions illégales ont déjà eu lieu dans des zones de conflits en Afrique», affirme Ibrahima Bakhoum, rédacteur en chef de l’Agence panafricaine, basée à Dakar. A la faveur du scandale tchadien, d’autres affaires pourraient sortir de l’ombre.
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Comme au Congo, le seul pays d’Afrique à avoir brusquement décidé, le 1er novembre, de suspendre toutes les procédures d’adoption en cours. Et pour cause :«Au Congo, tout le monde a fait le lien entre l’Arche de Zoé et ce qui se passe chez nous ! Notre gouvernement ne sait plus comment cacher sa honte !» s’exclame Loamba Moaké, joint par téléphone à Brazzaville. A la tête de l’Association sur les droits humains et l’univers carcéral (Adhuc), une ONG locale, il se bat depuis trois mois pour dénoncer un circuit d’adoptions aux pratiques curieuses entre le Congo et l’Espagne.
«Solidarité». En août, un père de famille alerte l’Adhuc : deux ans auparavant, ce paysan du village d’Invoumba, à 125 km de Brazzaville, avait confié son fils de 20 mois à une parente éloignée, employée dans un orphelinat. Celle-ci affirmait pouvoir lui offrir un avenir meilleur dans la capitale. «Elle disait “que le petit irait à l’école, qu’il apprendrait le français et qu’il serait soigné et nourri”. Hélas, c’est un discours auquel sont sensibles les familles les plus pauvres ! Elles pensent simplement bénéficier de la grande solidarité africaine», explique Loamba Moké. Mais en échange de 250 000 francs CFA (environ 350 euros), la «parente» confie vite le petit Cherlin à un journaliste de la télé congolaise. Lequel effectuera les démarches pour l’Association pour l’adoption des enfants congolais (Adic), une ONG espagnole, aujourd’hui au cœur du scandale. Ce dernier éclate cet été, lorsque la mère biologique surgit à Brazzaville et demande des nouvelles de son fils. Surprise : l’enfant a été déclaré «abandonné», son nom de famille a été modifié, et il a désormais la nationalité espagnole ! Un fonctionnaire catalan se serait déjà porté candidat pour son adoption.
«Parente». «Nous avons alerté le gouvernement, sans succès», explique Loamba Moké. Mais ses accusations, relayées par la presse locale, font vite émerger des affaires semblables. Notamment quatre cas d’enfants, tous devenus espagnols, en attente de départ pour l’Europe. Sans que les vrais parents, bien vivants, soient apparemment au courant. A chaque fois, on retrouve les mêmes protagonistes : la «parente éloignée» employée d’un orphelinat, le journaliste de la télé et bien sûr l’Adic. «Cette ONG est représentée sur place par trois magistrats congolais. Ils ont facilité les démarches d’adoption», note Loamba Moké, qui soupçonne la complicité «de tout un réseau au sein de l’Etat».
Les familles ont décidé de porter plainte. Mais pour l’instant, elles ne peuvent toujours pas retrouver leurs enfants, devenus espagnols, et donc confiés à l’action sociale congolaise. «Combien y a-t-il d’autres cas ? C’est la question. Le Congo a connu la guerre. Et depuis la fin des combats en 1999, beaucoup d’autres parents n’ont pas retrouvé leurs enfants, confiés provisoirement à des orphelinats», constate Loamba Moké. _________________ "L'arbre ne s'élève vers le ciel qu'en plongeant ses racines dans la terre nourricière"
Birago Diop
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Jeu Mar 13, 2008 14:33 |
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yaa_asantewaa

Inscrit le: 26 Nov 2007
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Article publié le publié le : 14/01/2006 par mouyabi-la-bête-noire sur Africulture.com
Adopter un enfant, un acte aujourd’hui banale et banalisé, quelles sont les limites de cet acte apparemment anodin mais dont les contours ne sont toujours aussi nets qu’ils le paraissent ?
Adopter un enfant est sans aucun doute un acte important pour des familles frappées de stérilités et qui vivent l’absence d’une structure familiale classique comme un réel échec personnel et social.
Parfois aux démarches insurmontables, aux extorsions de fonds, etc. Certains sujets férus d’adoption arrivent très souvent à mettre la main sur un voire plusieurs enfants qu’ils couvrent de cadeaux et d’amour.
Cette adoption est alors réussie. Les jeunes gens issus de familles défavorisées trouvent alors un équilibre certain dans des familles qui les couvrent de cadeaux et obéissent à leurs moindres caprices.
Qu’à cela ne tienne, essayons de voir au-delà de cet écran de fumée, le cas particulier de l’adoption d’enfants Noirs par des parents Blancs.
Cette adoption aux dires de nombre de personnes hypocrites est une marque d’universalisme sans pareil ; la preuve qu’au-delà des considérations primaires des races et autres que tous les hommes sont égaux et, qu’importe la race, ce qui compte c’est de savoir qu’on est un Homme avant tout.
Cependant si ceci est la pilule que veulent faire passer ceux qui se sont spécialisés dans l’adoption d’enfants étrangers, quelques questions méritent toutefois d’être posées notamment la plus évidente de toute, celle de savoir pourquoi un enfant étranger et Noir en particulier ?
A cette question la réponse qui s’impose est souvent rapportée avec un sentiment de magnanimité envers les damnés des pays pauvres. Il sera donc courant que les Blancs adoptent des enfants Noirs car c’est dans la logique des choses : ils sont riches et nous pauvres.
Mais aussi incroyable que cela puisse paraître pourtant, il existe une catégorie de personnes très pauvres dans les pays riches : le Quart-monde. Une catégorie qui écume la misère et vit souvent dans des conditions on ne peut plus déplorables. Alors, la question qui réduit la logique à quia est de savoir pourquoi ces grands magnanimes n’optent pas pour la réduction de la pauvreté du quart-monde avant se s’attaquer à l’Afrique et aux autres pays pauvres ? Là sera le premier nœud indissoluble de cet imbroglio.
De toute évidence donc, la réduction des disparités Nord-Sud est souvent à l’origine de ce choix à caractère douteux .
Bien que jusqu’ici on ne puisse mettre en évidence certaines pathologies comportementales certaines, la question de savoir quels sont les critères de choix de ces enfants est quelques fois assez explicite pour établir le portrait robot des individus en manque d’affection. Par le biais des agences d’adoptions, les enfants sont choisis sur des photos selon tel ou tel critère, sans le consentement de l’enfant, ni de ses parents légitimes, sans son avis mais comme une marchandise sur une étale, on achète son enfant.
Il est bon alors de noter au passage que des enfants malades, déficients mentaux, ne font pas l’objet de ce choix. Et pourtant la nature a choisi par le jeu de la providence de donner à qui de droit un enfant beau, laid, gros, maigre, dyslexique etc. au gré de sa seule fantaisie. L’argent achète tout certes mais lorsqu’il s’agit d’acheter des enfants pour combler un manque affectif, il y a des limites que ceux qui possèdent l’argent devraient se fixer.
Prêter le flanc à cette adoption là c’est jouer le jeu de ceux qui ont l’argent et qui pensent que l’argent donne des droits sur tout.
Ceci étant, si on pousse plus loin le raisonnement, on pourrait se demander quel est l’intérêt de certaines familles à adopter ? A ce moment là on tombe sur le pot aux roses. En effet, sous le couvert de l’adoption, on s’assure un revenu financier constant par le biais des prestations sociales jusqu’aux 18 ans du gamin.
Ceci dit, laissons de côté de viles considérations matérielles pour des choses plus pertinentes. Il suffit de se demander quel nom portera cet enfant pour comprendre les limites de cette approche quelque peu simpliste. Le nom de ses parents adoptifs bien sûr me direz-vous et cela coule de source !
Alors on voit un nègre qui s’appelle Marcel D. ça ne choque personne sans doute mais cet enfant est Noir, vient d’Afrique, possède des ancêtres, une histoire, des parents naturels etc. Mais à partir du moment où on veut gommer son passé au nom d’une adoption, qu’on s’acharne à lui donner des repères qui ne sont les siens, on en fait ni plus ni moins qu’un parfait assimilé, complètement dénaturé. Sans aucun doute que le nom de ses ancêtres ne convient pas par rapport à sa nouvelle famille et de plus, il faut qu’il porte un prénom occidental car ça va contribuer à sauver son âme dans le paradis du Blanc.
Cet enfant malgré les soins et les précautions qu’on pourra prendre pour le couver aura toujours le vide affectif causé par l’absence de ses parents naturels et de ses racines.
De plus si on pousse le raisonnement encore plus loin en se demandant que deviennent en général ces enfants adoptés ? Pour la majorité, ils écument la misère dans les banlieues des cités occidentales ou dans les patelins paumés en occident. Il est inutile de chercher plus loin car on n’en connaît pas qui soient directeurs des grandes sociétés dans les pays dits développés. On n’en connaît pas qui soient ministres, on n’en connaît pas qui soient députés. Alors on adopte certes mais pour en faire des citoyens de seconde zone. Des individus qui sont enregistrés à Nantes.
Toutes ces questions me poussent à croire que les personnes qui versent dans l’adoption sont des personnes malveillantes si pas souffrant d’un déséquilibre comportemental évident, d’un réel problème à se situer dans la société. Je vois derrière cela quelques moutons de panurge qui ont besoin de leur repère collectif.
Les Etats africains qui se prêtent à cette comédie sont à la fois complices de ce qui se passe et de l’acculturation de ces enfants.
La solution devant ce nouvel exode des populations n’est pas d’accepter les placebos qu’offre le monde occidental par une main mais bien de les refuser car les occidentaux ne peuvent continuer à prendre par une main ce qui est nécessaire pour assurer le minimum à tout un chacun en Afrique et offrir réparation en triant des individus sur des critères physiques purement subjectifs.
La politique des Etats Africains doit être sans complaisance aucune, d’interdire les adoptions entre les parents de race blanche et des enfants Noirs.
A partir du moment où des couples noirs pourront adopter des enfants Blancs qui sait peut-être que la question de la pseudo adoption interraciale reviendra à l’ordre du jour. Pour le moment cela ressemble au syndrome du poisson qui réclame l’épuisette.
Respecter la misère, c’est une façon de permettre aux africains de juguler leurs propres problèmes et d’accepter de s’assumer.
"L'amateur vrai, juge toujours une oeuvre avec ses yeux, à la lumière de sa culture, jamais avec ses oreilles dans le brouillard des boniments, ni dans la nuit des ses fantasmes cupides et vénaux" proverbe chinois _________________ "L'arbre ne s'élève vers le ciel qu'en plongeant ses racines dans la terre nourricière"
Birago Diop
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Jeu Mar 13, 2008 14:51 |
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yaa_asantewaa

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Hotep,
il y a un ouvrage qui parle de l'adoption des enfants Kamits par des familles blanches. Le titre est le suivant :
Racisme, continent obscur
Ouvrage collectif, publié au CEC – Le Noir du Blanc / Wit over Zwart, Belgique, 1991
Les témoignages qui y figurent sont tout simplement ..... je ne trouve pas mes mots. Il s'agit en fait de familles blanches qui ont donné les raisons pour lesquelles elles ont adopté des enfants noirs venus de Kemet.
Les différents témoignages sont totalement scandaleux. Ils donnent envie de ne faire qu'une chose
Pour vous donner un avant goût (en fait je n'ai pas pu m'empêcher de vous faire partager ces extraits), je vais effectuer un copier collé de ces témoignages que j'ai chopé sur le forum
"
Cheveux Ebènes
"
OMBRES SUR DES ENFANTS SOLEILS
Jugements de valeur racialisés dans quelques familles adoptives
Chris Paulis
J’ai personnellement choisi d’étudier un cadre familial précis, encensé par beaucoup de monde, décrié par quelques uns et qui intrigue bon nombre de chercheurs: la famille adoptive qui a choisi des enfants d'origine non européenne.
Soyons précis: je ne veux évoquer ici que des cas d'adoption plénière, c'est à dire ceux où l'enfant a acquis un statut légal identique à celui d'un enfant procréé par les parents et où tout lien avec la famille d'origine a réellement disparu. Il ne s'agit pas d'une rupture mais bien d'une intégration totale. je n'aborderai donc pas les cas d'adoption simple, où l'enfant garde, notamment, des liens avec sa famille biologique, ni les cas de familles d'accueil, comme celles, nombreuses en Belgique, qui s'occupent d'enfants étrangers, zaïrois principalement, pour la durée de leurs études.
Ma recherche de thèse porte sur plusieurs centaines de cas. Des conclusions provisoires permettent de dire que, dans plus des 2/3 des situations observées, les problèmes familiaux n'apparaissent pas comme plus graves ou plus spécifiques que dans des familles classiques. Il reste cependant près d'un tiers où des données culturelles semblent avoir pesé, souvent négativement, sur un équilibre délicat. Et 10% d'échecs (scolaires, sociaux, etc.) plus ou moins graves trouvent, explicitement, leur origine, partielle ou totale, dans une situation interculturelle mal dominée par les parents eux mêmes.
Encore une remarque, et qui n'est pas une simple précaution oratoire. Sur un thème qui met en jeu des notions aussi graves que celles d'amour parental ou filial de responsabilité, de souffrance, il est essentiel d'éviter toute ambiguïté. Notre intention n'est pas de stigmatiser de mauvais parents ni de tourner en dérision leurs maladresses éventuelles. Les propos recueillis au cours de certaines interviews et que nous reproduisons plus loin ne sont que des propos et ne rendent pas compte, bien sûr, de toute la densité des liens affectifs réels qui unissent parents et enfants. Mais lorsque des préjugés flottent, nocifs et pouvant affecter le destin familial, il est, croyons nous, utile et nécessaire d'attirer l'attention de tous sur leur vie et survie tenaces.
En considérant de nombreux cas d'adoption plénière, on aurait pu penser qu'après les innombrables démarches, les contrôles de sélection, les entretiens de tout genre imposés par la loi et les services officiels, les motivations des parents se révèleraient presque toujours spécialement bien équilibrées. Ma recherche pourtant a démontré parfois que c'était le contraire qui se produisait. il arrive que des responsables chargés de la sélection des parents adoptifs transmettent en fait à ceux ci des conseils tout imprégnés de stéréotypie raciale!
On peut constater l'existence d'une certaine mode du noir ou du jaune, comme il y en a eu dans d'autres domaines, arts, décoration, philosophie ou musique. Et on fera remarquer que, dans la réalité vécue, on prend les enfants là où on peut les obtenir: le choix de tel ou tel pays peut être dicté par le fait que les moyens financiers exigés sont faibles, que le catalogue est plus ou moins fourni, que les délais sont plus ou moins rapides...
En ce qui concerne les motivations des parents, certaines sont curieuses, troublantes, fort éloignées, semble t il, du seul désir d'enfant et d'amour. J'en cite ici quelques unes.
Une mère: "J'ai adopté un enfant d’Afrique pour racheter la faute de mes pères... "
Un couple: 'Nous avons une dette envers les Noirs, c'est un moyen de les rembourser!'
Un père: 'J'ai toujours aimé la provocation, plus c'était noir, mieux c'était... "
Images d'un enfant rachat, d'un enfant sacrifice ou d'un enfant exhibition.
Dans un autre ordre d'idées, il y a des remarques récurrentes dans plusieurs des interviews: "J'ai toujours rêvé d'une poupée notre, l'en ai enfin une encore mieux, une vraie', 'je voulais un enfant gai, insouciant ... avec un Noir, je l'avais à coup sur', 'c'est un petit oiseau des îles, qui chante et qui danse, un enfant soleil, quoi, toujours gaz, irresponsable et toujours content: les Noirs ont cela dans le sang', ...
Images qui se multiplient, représentations figées, stéréotypes si anciens. Et pourtant toujours présents, au coeur même de la famille, principaux moteurs parfois de la démarche d'adoption vers l'Afrique. J'ai pu ainsi, dans le milieu de l'adoption, voir se faufiler des stéréotypes, plaqués sur la race, reproduits d'un bloc, sans nuances, sans esprit critique.
Dernière précision déontologique. Il va de soi que la méthode que j'ai employée n'était ni furtive ni inquisitrice. Les familles que j'ai contactées ont parlé en toute franchise. Elles acceptaient le principe de la recherche, explicitée au préalable, et elles m'ont autorisé à faire état de leurs propos, sous la réserve normale d'en garantir l'anonymat.
Pour les extraits d'interviews qui suivent, j'ai donc, bien évidemment, modifié tous les prénoms et noms propres et gommé des précisions biographiques afin d'éviter, autant que faire se peut, l'exercice de curiosités malsaines. Ajoutons que les quatre exemples que je vais présenter ne peuvent être considérés comme représentatifs de tout le milieu de l'adoption. Toute généralisation est à exclure ici et le lecteur voudra bien se souvenir que la généralisation abusive est l'essence même de la stéréotypie.
Les familles A., B., C., D. ont donc en commun l'adoption d'un enfant venu d'Afrique. J'ai retranscrit, aussi fidèlement que possible, les fragments directement liés au sujet ainsi que mes questions, telles que je les ai posées au moment des entretiens.
La famille A.
La famille A. habite une grande ville, le père exerce une profession libérale, la mère est fonctionnaire. Ils ont trois enfants. Les deux premiers ont été conçus par le couple, le troisième a été adopté. Pierre, qui a aujourd'hui 13 ans, est arrivé d'Afrique Centrale âgé de 18 mois; il était en parfait santé; ses parents l'ont eu par l'intermédiaire d'un missionnaire qu'ils connaissaient; le service social du pays a fait le travail administratif nécessaire. L'enfant a été déposé dans les bras de ses parents à Zaventem; les deux autres enfants présents à l'arrivée avaient 6 ans pour l'un, un peu plus de 4 ans pour l'autre. Les trois enfants s'entendent bien; la famille vit de façon aisée, sans aucun problème.
Monsieur et Madame A.: Nous voulions avant tout avoir au moins un garçon et une fille, mais nous espérions bien avoir une famille nombreuse. Puis notre ami, qui est missionnaire, nous parlant du malheur des enfants d'un orphelinat qu'il connaissait, nous nous sommes dit: 'Ayons des enfants jusqu'à avoir au moins un garçon et au moins une fille, ensuite nous adopterons un petit enfant malheureux'. Nous avons eu Marc puis Fabienne a suivi. Nous avons donc demandé au Père de nous mettre en rapport avec l'orphelinat de X.. Et Pierre nous a été attribué. Voilà. Nous aurions aimé avoir une famille plus grande encore. Seulement le service de là bas a trop de demandes, alors...
Vous m'avez dit que votre frère travaillait avec des réfugiés asiatiques; pourquoi pas un enfant des camps, à la place de Pierre tout d'abord, et en plus maintenant ?
D'Asie, jamais de la vie; ils sont bien trop proches de nous, à tout point de vue, type couleur, éducation, et puis très intelligents et rusés. Vous savez, les Asiatiques, c'est comme ça, très forts!
'Raison de plus!', m'ont dit certains parents qui ont adopté des enfants venus du Vietnam et de Corée notamment.
Bien sûr! Parce que ces parents que vous avez rencontrés n'avaient pas eu d'autres enfants avant. Mais nous, nous devions penser aux deux autres, il ne fallait surtout pas que le petit (ou la petite, à cette époque cela nous était égal) que nous allions adopter risque de les supplanter en étant plus intelligent, plus capable ou quoi que ce soit...
Si je vous comprends bien, vous m'expliquez pourquoi vous n'avez pas cherché un enfant des camps.
Oui, des camps ou de n'importe où en Asie, il y a beaucoup d'organismes d'adoption, par exemple qui travaillent avec la Corée: bon, pour nous, c'était exclu. Nous devions penser à l'équilibre de la famille, laisser les choses à leur place, il fallait éviter les fictions, les risques de disputes, les causes de mésentente; il y a déjà suffisamment de raison de se battre dans une fratrie sans mettre de l'huile sur le feu...
Mais encore?
Dans l'adoption, il faut mettre tous les atouts de son côté; il ne faut pas que l'enfant capte tous les regards; de par son adoption et de par sa différence, il est déjà le point de mire; tout le monde en parle, se retourne, défile... Vous vous imaginez la claque que cela donne aux autres! Mais une fois la curiosité du nouveau passée, les choses rentrent dans l'ordre; et si les autres peuvent garder leur... comment dire... leur priorité, leur supériorité en quelques sorte, la famille va très bien.
Vous voulez dire que Pierre est caractériel ou débile mental?
Non (éclats de rire) Pierre est en bonne santé et très sain; c'est un gosse solide mais il est Africain parce que nous le voulions; là, c'est sûr qu'il ne risquera jamais de faire de l'ombre à son frère ou à sa soeur.
Pourquoi?
Mais justement parce qu'il est Africain; les Africains sont jeunes, gais, beaux ça il est effectivement très beau, tout le monde le dit insouciants, Pierre danse pour un rien; un peu de musique et hop! C'est parti, il a ça dans le sang, vous savez! Mais il ne sera jamais aussi intelligent que les autres, ça aussi, c'est dans le sang, la race; les Africains c'est quand même pas des lumières, et par rapport à nous, enfin, vous comprenez... Et là, on a bien réfléchi parce qu'ainsi l'équilibre familial est bon; chacun a hérité de sa race le plus important, et l'amour fait le reste.
Que font ils comme études, vos trois enfants?
Marc est en 5ème math forte / sciences; il a eu quelques petits problèmes et a doublé une fois, il a toujours un peu 'tiré' d'ailleurs.
Fabienne est en 4ème latin langues.
Pierre est en 1 ère technique, il va prendre option bois.
Il n'est pas en humanité générales comme les autres?
(s'exclamant) Non bien sûr, il n'aurait pas su.
Pourquoi? Vous l'avez eu très jeune, il n'avait pas encore pris de grand retard, sinon affectif...
Oui, mais ça c'est l'éducation et l'amour; mais vous ne devez pas oublier qu'il vient d’Afrique et son intelligence est comment dire ? moyenne, il a ça dans les gènes, on le sait bien.
Vous pouvez me dire le pourcentage qu'ils avaient chacun à leur sortie de primaire?
Oh là là, plus ou moins, oui: Marc était 9ème ou 1O ème de sa classe, avec 80 ou 82 % je crois.
Fabienne était 1 ère de sa classe avec 96 %, ça j'ai retenu, elle a toujours été excellente.
Pierre était 2ème ou 3ème, il était toujours en lutte avec le fils de nos amis, c'était mignon; il avait 93 ou 94 %.
Pierre était donc aussi fort, ou presque, que sa soeur?
(spontanément) Oui. _________________ "L'arbre ne s'élève vers le ciel qu'en plongeant ses racines dans la terre nourricière"
Birago Diop
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Ven Mar 21, 2008 11:22 |
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yaa_asantewaa

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La famille B.
La famille B. a adopté une petite fille venue de Madagascar. La famille B. avait un petit garçon de 2 ans quand ils ont reçu cette petite fille par l'intermédiaire de l'Ambassade.
Monsieur et Madame B.: Eric a toujours été un enfant difficile cela a été pénible, dès la rentrée de l'hôpital. Aussi nous voulions un enfant facile, qui ne nous mettrait pas au bord de la crise de nerfs comme l'a fait Eric, et en plus qui ne gênerait pas son frère, et ne serait pas gêné par lui. Nous avions entendu parler de l'adoption des Indiens, des Vietnamiens... mais cela ne nous intéressait pas; puis une de nos connaissances nous a présenté sa petite fille; elle avait été la chercher dans le Sud, enfin, pas en Afrique du Sud, mais dans l'île à côté.
La petite vient de Madagascar?
Madame B.: Oui, c'est ça, une île avec des mélanges de peuples de toutes sortes mais entre Noirs; des Indiens et des Noirs, des Chinois et des Noirs, des Noirs clairs et des Noirs noirs, un peu comme au Brésil, quoi. Elle nous a expliqué que sa fille était charmante, et si facile, un peu sauvage mais c'était comme un petit chat.
Et voilà, on a suivi ses démarches et nous avons eu notre petite fille il y a deux ans. Un vrai coeur, effectivement une petite bête un peu effarouchée au début, mais sans problème, satisfaite d'un rien; elle grimpe aux arbres, elle est d'une agilité étonnante, elle est toujours dehors, elles court partout, fait des grimaces, rit d'un rien. Un vrai petit singe.
Monsieur B.: C'est un peu normal.
Pourquoi?
Monsieur B.: Ben, elle vient de Madagascar; ces gens là, même avec des mélanges, c'est quand même d'abord des Noirs, des nègres, quoi ; bon, je veux dire qu'ils sont quand même très proches de la nature, des bêtes; ils vivaient quand même dans les forêts avec les singes, ça, on ne peut pas le nier... il y a des traces, il faut faire avec, c'est tout.
Madame B.: Je trouve que tu exagères; avant les missions et tout, d'accord, ils étaient pas très civilisés mais maintenant ça a changé; ça, c'était du passé.
Monsieur B.: La petite est adorable, mais tu ne peux quand même pas dire que ce n'est pas une vraie petite bête, et celle de Mme. X aussi. Un hasard ? Laisse moi rire ! C'est la race, un point c'est tout.
(Se tournant vers moi)
Vous avez eu l'occasion d'en rencontrer d'autres qu'on a pu, comment dire, tenir, calmer, 'civiliser' ? Il ne doit pas y en avoir beaucoup.
La famille C.
La famille C. a quatre enfants biologiques, deux garçons et deux filles, qui ont actuellement entre 20 et 30 ans, et une fille adoptée de 20 ans, arrivée à 4 ans, métisse d'Afrique de l'Est. Nous l'appellerons Juliette. Le père est médecin, la mère reste à la maison; elle a une formation d'infirmière mais n'a jamais exercé. Les quatre enfants biologiques exercent tous des professions médicales ou para médicales. Juliette n'a ni diplôme d'études supérieures ni travail; elle a obtenu un diplôme du secondaire para médical, section puériculture.
L'entretien se fait avec les parents seuls.
Monsieur et Madame C.: Nos enfants ont tous réussi sauf, Juliette, mais c'est normal, on a espéré trop, elle ne pouvait suivre; vous savez, les Noirs, c'est différent de nous; bon, nous ne sommes pas racistes, mais il faut dire ce qui est, c'est malgré tout une race inférieure.
Finalement, Juliette a réussi, on peut le dire, car elle est arrivée beaucoup plus haut que ce que son intelligence de race laissait espérer. Mais nous avons eu dur pour l'amener là.
Madame C.: Vous savez, elle voulait devenir médecin comme son père et Y. est devenu médecin aussi comme mon mari, mais elle, nous avons dû tout doucement lui expliquer qu'elle ne saurait pas le faire, lui faire prendre conscience de ses capacités.
Mais elle avait un retard mental, une dyslexie à son arrivée?
Monsieur et Madame C.: Non, elle était en bonne santé, c'était une gamine solide, sympathique, qui riait beaucoup, nous avons d'ailleurs dû mettre le holà tout de suite parce qu'elle n'était pas assez sérieuse, et puis cela gênait l'étude des grands. Mais vous savez, l'intelligence, c'est une question de race, et le rire aussi; les Noirs sont de grands enfants, complètement immatures, et ils . ls le restent toujours, c'est comme ça, il faut le savoir. Nous l'avons adoptée en toute connaissance de cause. Mais ça ne change rien à notre attitude vis àvis d'elle, c'est notre fille, nous l'aimons beaucoup.
Madame C.: Ce qui est dommage, c'est son ingratitude, son manque de reconnaissance; elle nous met tous ses échecs sur le dos, c'est dur pour des parents qui ont tout fait.
Ses études?
Monsieur et Madame C.: Oh, en primaire, c'était une élève excellente, bavarde mais très bonne; d'ailleurs, on nous en faisait la remarque, c'était admirable d'en tirer cela quand on voit d'où elle venait. Après, nous avons dû la guider, pour lui éviter des déceptions inutiles, elle a fait des techniques secrétariat; à ce moment, elle a commencé à ne plus rien faire à l'école, elle n'aimait pas, elle voulait faire comme son frère, médecin, ou, à la rigueur, infirmière comme sa soeur aînée. La pauvre fille, elle n'aurait pas su. C'est dur pour des parents de devoir prendre une telle décision; mais faillait il la laisser aller en humanités générales pour qu'elle se rende compte elle même de son incapacité ou de ses faiblesses intellectuelles et perdre des années pour rien, ou bien l'aiguiller tout de suite vers ce qu'elle pouvait faire ? Mais on ne peut renier ainsi sa race. Elle a doublé même en technique, elle ne faisait rien bon; finalement elle a terminé avec un diplôme de puériculture. Il y a des gens qui nous félicitent pour avoir accepté d'élever et de garder un enfant comme ça, peu l'auraient fait. C'est vrai qu'elle fait tache en quelque sorte au milieu des autres, mais nous les avons prévenus tout de suite; d'ailleurs, ils ont très peu de contacts ensemble. Juliette n'avait pas grand chose à partager avec eux, ils n'ont pas les mêmes racines. Même si Juliette se défend d'en voir des autres. Vous ne trouvez pas cela paradoxal, vous, que ce soit nous, les Blancs, qui devions apprendre à notre fille ce que sont ses racines? Ca a té dur de lui expliquer, de les lui faire accepter, on a dû chercher; vous savez, es Noirs, ce n'est pas la même chose que nous, enfin, Je veux dire, l’Afrique, c'est pas les mêmes mentalités, pas les mêmes systèmes.
Nous avons failli même risquer l'équilibre de notre famille avec ça, parce qu'on a fait venir des gens qui connaissaient l’Afrique pour lui expliquer, elle ne voulait pas, elle voulait toujours aller rejoindre ses petites amies; on lui montrait des photos, on lui préparait même parfois exprès pour elle des plats de chez elle, elle ne voulait pas en manger; on lui a acheté des disques; chaque fois qu'il y avait des films sur l’Afrique, on lui payait le ciné; elle a tout refusé; elle veut absolument se cacher que ça, c'est elle.
Depuis quand lui 'apprenez vous l'Afrique?
Monsieur et Madame C.: Eh bien, nous avons commencé lorsqu'elle avait une dizaine d'années, mais c'est un peu tard; les racines, il faut les rendre tout de suite à ces enfants là; nous aurions dû commencer dès que nous l'avons eue. C'est d'ailleurs ce que nous conseillons aux gens qui adoptent, nous pouvons témoigner malheureusement du ratage dans le cas contraire.
Et si vous ne lui 'rendiez' pas ses racines ? C'est quoi ses racines ? Elle en avait déjà à 3 ans, vous croyez?
Monsieur et Madame C.: Bien sûr; les racines ça tient à l'endroit où on naît, enfin où on est né...
Cela aurait été la même chose si elle avait été blanche, alors?
Monsieur et Madame C.: Non, non, les racines d'un Blanc, ça n'a rien à voir avec l’Afrique.
Même un Blanc né en Afrique?
Monsieur et Madame C.: Non, bien sûr que non, les racines, c'est génétique aussi; mais vous devez connaître ça, vous, aussi bien que moi, on doit vous l'apprendre, non, à l'Unif ?
De toute façon, tout le monde sait que les Africains ne sont pas tout à fait comme nous, je veux dire du point de vue développement et avancement intellectuels. Et Juliette le prouve par ses actes. Par exemple, elle ne sait pas garder un flirt. Bon, elle fréquente des copains, des enfants de nos amis souvent; vous situez le milieu, bourgeoisie aisée, et heureuse de lêtre. Eh bien, avec ses flirts, ça va, au début, ils sont fiers d'être avec elle, mais quand ils savent qu'elle n'est que puéricultrice... Et bien, cela ne va plus... Et elle refuse de fréquenter des gens de son niveau. Ainsi cela n'ira jamais; vous comprenez, elle est complexée par sa race, par son origine. Si elle voulait une bonne fois accepter, ce serait plus facile, mais elle est butée; encore un trait racial. Je suis sûr qu'avec un Noir cela irait très bien, qui se ressemble s'assemble, mais non, elle refuse. La famille désapprouve aussi, ce n'est pas encore bien dans les moeurs d'avoir un gendre noir... Mais pour ses enfants, on est prêt à tous les sacrifices. En tout cas, nous, nous l'avons toujours fait.
Madame C.: Heureusement, elle est belle, ça ilfaut le reconnaître, c'est une belle Noire. Bon, certains n'aiment pas ça, mais...
Monsieur C.: Elle est très belle, les hommes le savent bien, tu as vu comme on la regarde depuis qu'elle a 15 ans!
Madame C.: Mais ça, c'est parce qu'elle est notre!
Monsieur C.: Non, c'est parce qu'elle est bien faite.
Madame C.: C'est pas le genre d'ici, enfin de notre pays; mais une belle fille, surtout quand elle n'est pas très intelligente, a beaucoup plusfacile qu'une autre.
Monsieur C.: De toute façon, intelligente ou pas, ma fille est belle et elle plaît; regarde comme mes collègues en parlent.
Madame C.: Oui, mais ce sont des hommes!
Nous avons ensuite rencontré Juliette, seule à seule.
Dans l'orphelinat africain où elle avait échoué après avoir été abandonnée par sa mère alors qu'elle avait six mois à peine, elle subissait parfois durement sa situation de métisse. Pour cette raison, c'est une des premières enfants que le Père responsable a envoyées en Belgique pour y être adoptées.
On l'a dit plus haut, elle est arrivée en Belgique dans sa famille adoptive à l'âge de 4 ans. Au début, tout allait bien, mais elle se souvient des temontrances et des fessées lorsqu'elle chantait; ce n'était jamais l'heure. Pourtant, son père l'appelait 'son petit oiseau des îles'. Elle dit que tout s'est gâté quand elle a voulu être médecin... Maintenant, elle reproche à ses parents son faible bagage scolaire. Elle va avoir 21 ans, vit chez une amie qui l'a aidée à préparer le jury Central des humanités générales et est en I ère année de médecine, avec une bourse d'études. Elle a un copain blanc, étudiant en médecine lui aussi, qui l'aide et la stimule. Elle refuse de rencontrer ses frères et soeurs, qui lui disaient qu'elle était une négresse et que 'les négresses sont des êtres inférieurs . eurs avec de grosses fesses'! Elle a beaucoup de copains blancs. Elle sait qu'elle y arrivera. Elle téléphone régulièrement à ses parents, qui lui reprochent de perdre son temps et de 'viser trop haut'.
Juliette: Ils me répètent qu'il n'y a aucune honte à être puéricultrice; et si, moi . je veux être médecin... _________________ "L'arbre ne s'élève vers le ciel qu'en plongeant ses racines dans la terre nourricière"
Birago Diop
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Ven Mar 21, 2008 11:24 |
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yaa_asantewaa

Inscrit le: 26 Nov 2007
Messages: 232
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La famille D.
La famille D. a adopté deux filles: l'une provient d'Asie et l'autre d'Afrique Centrale. Les parents sont commerçants indépendants; couple stérile, ils sont très fiers de leurs deux filles, âgées de 16 ans et demi et de 15 ans. Celles ci sont arrivées chez leurs parents à l'âge de 20 mois.
Monsieur et Madame D.: Nos filles sont parfaites, elles s'entendent à merveille, chacune est première de sa spécialité. Elles sont très belles et les petits copains défilent.
Monsieur D.: Surtout pour Sandra.
Madame D.: Oh ça oui, elle est un pur produit de sa race, une beauté, une princesse d'ébène, quoi.
Monsieur D.: Et un port de reine, et puis, enfin... ses formes, des formes, ah, une belle plante, ma fille, superbe.
Madame D.: Elle n'y a aucun mérite, c'est la race.
La race?
Monsieur et Madame D.: Oui, bien sûr, les noires sont superbes et ont des corps parfaits, des corps impeccables quoi, solides, formés, ronds.
Monsieur D.: Dommage que c'est ma fille!
Madame D.: Paul, arrête!
Monsieur D.: Quoi? C'est la vérité, les noires c'est des formes, du tentant, etc , c'est pas pour rien qu'elles sont remarquables au lit.
Ah bon?
Monsieur D.: (souriant) Mais oui, tout le monde le sait, les Noirs, c'est la performance. Ah! Notre Sandra, elle saura retenir son homme, elle a ce qu'il faut; je suis d'ailleurs jaloux de ses flirts.
Elle en a beaucoup?
Monsieur et Madame D.: Pas mal, ça défile mais c'est normal...
Monsieur D.: (avec un rire complice) Elle les épuise, c'est une sacrée petite bonne femme, Sandra; elle a ça dans le sang. Les Noirs, ce sont des chefs dans ce domaine.
Madame D.: Heureusement d'ailleurs, parce que côté intelligence, c'est nettement moins performant.
Elle a des problèmes?
Monsieur et Madame D.: Il y a des races de tête et des races de... corps.
C'est comme ça. Sandra est de la deuxième race, Patty de la première. Elle, c'est une intelligence sur pattes, un cerveau, un génie; un corps plat comme une planche et des neurones qui travaillent sans arrêt. C'est normal, elle vient d’Asie, la race jaune est très intelligente; calée en maths et tout; vous les avez déjà vus avec leur boulier? Vous savez qu'ils battent même les ordinateurs et les machines à calculer !
L'entretien avec les parents une fois terminé, j'ai pu me rendre dans la chambre des jeunes filles et les interroger à leur tour:
A Sandra : Tu as des problèmes à l'école ?
Sandra: (très joyeuse) Non, mais je ne me crève pas; les parents de toute façon me laissent faire ce que je veux sous prétexte que je suis noire donc conne. Moi je m'en fous et je me marre... du moment que j'ai mon fric et mes fringues. Mais Patty, je la plains, elle est tenue.
A Patty: Ça va? Pas de problème?
Patty: (très souriante) Ça va. Très bien; pas de problème ni aux cours, ni avec les autres. A l'aise. Un petit regret quand même: être plus âgée que ma soeur et ne pas pouvoir sortir autant, c'est injuste; de plus, mes parents surveillent mes copains, ils ne veulent pas n'importe qui. Et je suis l'aînée, vous vous rendez compte...
Voici donc quelques exemples où, on a pu le constater, les jugements de valeur dévient, déformés par le stéréotype racial. Quatre visages de l'enfant noir ou métis qui renvoient au magma des idées anciennes. Gai, rieur, insouciant, irresponsable. Petit animal sauvage marqué par l'état de nature. D'intelligence déficiente et de tempérament rebelle. Née pour le plaisir.
De telles images viennent, en droite ligne, du XVIII siècle! Projetées, plaquées par les parents sur des enfants que pourtant ils aiment, elles sont source de conflits et de drames humains évitables. Peut on en conclure que, parfois, des familles s'offrent des enfants pour la satisfaction de pouvoir confirmer à domicile leur conviction de la supériorité blanche? Ce qui apparaît comme certain, c'est que les préjugés des parents jouent un rôle énorme dans leur comportement vis à vis de leur enfant.
Une éducation modelée sur des a priori infériorisants risque d'entraîner des résultats négatifs, la création d'enfants complexés ou porteurs de réactions vives à l'ampleur insoupçonnée.
'Problèmes d'adoption, d'intégration, d'image à la mère', entend on souvent dans le milieu des médecins, des psychologues, des psychanalystes. Problèmes d'adoption, comme le répètent à l'envi voisins ou famille élargie: 'Je vous l'avais bien dit, avec ces enfants là... '. Plusieurs parents m'ont dit entendre régulièrement ce type de réflexions devant n'importe quel problème (maladie, échec scolaire, pédiculose, énurésie, insultes, fugue, etc.). Les préjugés qui hantent l'imaginaire social sont, eux, rarement mis en avant.
Et il n'y a pas, sans doute, que les visions négatives, dévalorisantes. Certains stéréotypes sont inoffensifs ou flatteurs même si d'autres sont aliénants. Mais tous tendent à enfermer l'enfant dans une personnalité fabriquée de toutes pièces et qui n'est pas vraiment la sienne. Que penser par exemple de quelques cas rencontrés
'Les Noirs sont de grands basketteurs, on va t’inscrire au basket!'
'Tu feras des cours de danse africaine ou de modern jazz, vous avez tous le rythme dans le sang!'
'Tu aimes bien Touré Kunda et Michael Jackson, n'est ce pas, ce sont vos stars !
'Normal que tu coures les filles, les Noirs sont portés sur la chose...
'Toi, tu es faite pour l'amour, tu trouveras vite un mari!'
L'enfant peut se couler dans le moule imposé par les parents. Quand il s'y conforme, il prouve ainsi la vérité du préjugé. Lorsqu'il refuse d'incarner ou ne peut assimiler cette image, il prouve alors sa sauvagerie, son indiscipline et son peu d'intelligence.
J'ai rencontré, dans l'ensemble, beaucoup plus d'enfants qui s'adaptaient bien à la situation que d'enfants visiblement perturbés. Plusieurs m'ont expliqué certains n'avaient que 6 ou 7 ans qu'ils faisaient ça pour faire plaisir à leurs parents. Il est heureux que tant d'enfants aient conservé leur équilibre. On ne peut pour autant oublier les préjugés nourris à leur égard et à l'égard de tous les Noirs par leurs propres parents.
Je comprends mal d'où vient cette certitude de l'infériorité intellectuelle de la race noire vis à vis de la race blanche. L'imaginaire social est sans doute en cause. Mais je comprends encore moins comment il est possible d'entreprendre une démarche d'adoption pour faire, consciemment, son enfant, avec tout ce que cela comporte de droits mais aussi de devoirs, d'un être que l'on considère comme étant, par nature, irresponsable ou inférieur.
J'ai entendu un jour: 'Adopter, c'est s'acheter un gosse que d'autres se sont crevés à faire!'. je serais parfois tentée de dire que, pour certains, adopter un enfant noir, c'est, en quelque sorte, s'acheter un faire valoir ou un objet très agréable, 's'acheter les jambes sans avoir la tête', et rester ainsi le maître ou le civilisateur.
L'européocentrisme serait il éternel ? Le racisme, plus ou moins feutré, se niche encore là où on ne l'attendait plus par la survie des stéréotypes. Pour qualifier cet état de choses, j'aurai donc recours à un néologisme apte à résumer la situation: on se trouve face à l'émergence d'un nouveau colonialisme parental _________________ "L'arbre ne s'élève vers le ciel qu'en plongeant ses racines dans la terre nourricière"
Birago Diop
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Ven Mar 21, 2008 11:24 |
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hatchepsout
Kpakpato

Inscrit le: 29 Oct 2007
Messages: 143
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![Htp, [R4] Htp, [R4]](hgifs/R4.gif) sista |
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Ton article fait froid dans le dos et même quand on sait de quoi les leucos sont capables, on est toujours un peu bousculé par autant de barbarie!
Il fut une époque où je pensais que l'adoption des enfants kamites était un mal pour un bien car, quitte à déraciner ces enfants, leur offrir la possibilité de répondre à des besoins primaires (se nourrir, se soigner, se scolariser...).
J'ai parfois essayé de me mettre à la place des parents qui laissent partir leurs petits se convainquant que c'est la seule solution pour les sauver de la misère qui sévit à Kemet et qui chaque jours tue des millions d'enfants kamites.
Après un long moment de réflexion, je pense qu'on ne peut pas se permettre de personnaliser la lutte pour la libération de kemet et quitte à être sacrifier, vaut mieux choisir son sacrifice: 1) permettre le marché aux esclaves de nos enfants, petits frères et sœurs avec le risque de produire toute une génération d’aliénés ou 2) accepter pour certains de les voir mourir en martyrs sur la terre de nos ancêtres ? En tant que parent, j’aurais fort probablement fait le choix n°1 !
De toutes manières, que nous choisissions ou pas, pour l’instant ils se servent (l’affaire ARCHE DE ZOE) parmi tant d’autres nous en dit long …
Cependant, il me semble que le combat dans lequel nous nous inscrivons (la libération physique et spirituelle de kemet) est passé et passe encore par des sacrifices de générations entières afin d'assurer un avenir meilleur aux futures descendances de Kamites armées de Sciences et de savoir ; artisans de la reconstruction de kemet dans toute sa grandeur.
Puissent nos ancêtres nous accompagner sur ce difficile mais glorieux chemin de la libération de Kemet à travers la seule et unique voie :
LA MAAT _________________ "Celui que le hasard a amené à vivre profondément la réalité du pays serait inexcusable de ne pas tenter de fournir l'intelligence du fait sociologique Africain".
Cheikh Anta Diop
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Sam Mai 03, 2008 12:51 |
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Shabaka
Wêrê wêrê
Inscrit le: 22 Fév 2008
Messages: 398
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Oui,les leucos c'ets ça. C'est la vérité absolue! Il faut qu'on comprenne une chose,au lieu d'avoir une génération des alienés,il vaut mieux avoir les petits matrys sur la Terre Mère.Dans les deux cas,la Tere Mère est perdante. _________________ Kemet rise up and live again and forever.
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Lun Mai 05, 2008 11:06 |
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yaa_asantewaa

Inscrit le: 26 Nov 2007
Messages: 232
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quote:
Originally posted by Shabaka
Oui,les leucos c'ets ça. C'est la vérité absolue! Il faut qu'on comprenne une chose,au lieu d'avoir une génération des alienés,il vaut mieux avoir les petits matrys sur la Terre Mère.Dans les deux cas,la Tere Mère est perdante.
suis d'accord avec toi frère Shabaka. Malheureusement dans les deux cas c'est TaMery qui en souffre. Mais au moins, il vaut mieux souffrir dans la dignité et se battre pour des jours meilleurs, plutôt que choisir la facilité et laisser nos futures générations devenir les G. Kelman de demain. _________________ "L'arbre ne s'élève vers le ciel qu'en plongeant ses racines dans la terre nourricière"
Birago Diop
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Ven Mai 09, 2008 00:02 |
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funmilayo
Inscrit le: 01 Juin 2009
Messages: 7
Localisation: lyon |
Adoptions d'enfants kemites
Vraiment ça me touche de lire ce genre de choses. Comment on peut réfléchir de cette façon? Ils nous prennent pour des idiots mais ce sont eux les idiots; incapables de se rendre compte de leur propre bétise. Adopter un enfant par ce qu'il sera sans problème.... Non mais de qui ils se moquent? Un enfant ce n'est pas de la marchandise! UN enfant est un don précieux....... Désolé mais ces gens ne méritent mème pas d'avoir des enfants biologiques ou adoptés! Je suis vraiment révoltée! Ce qui me désole le plus dans cette histoire c'est qu'ils ne vont jamais changer. Merci à la soeur d'avoir posté celà car vraiment nous nous devons de savoir celà! Continuez vraiment à poster ce genre de messages.
En tout cas merci.  _________________ funmilayo
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Lun Juin 01, 2009 17:25 |
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AnkhIman
Kpakpato

Inscrit le: 24 Mar 2008
Messages: 104
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Je suis d'accord avec toi, c'est vraiment révoltant, mais dès que l'ETAT FEDERAL KEMIT sera une réalité, on n'aura plus à vivre ce genre de chose. _________________ Loin d'être une délectation du passé, un regard sur KEMET Ancienne (Égypte pharaonique) est la meilleure façon de concevoir et bâtir notre futur culturel. WASIRE Cheikh ANTA DIOP
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Lun Juin 01, 2009 22:48 |
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hatchepsout
Kpakpato

Inscrit le: 29 Oct 2007
Messages: 143
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Vivement le Hum mesut!!!!!
Npw!!!! _________________ "Celui que le hasard a amené à vivre profondément la réalité du pays serait inexcusable de ne pas tenter de fournir l'intelligence du fait sociologique Africain".
Cheikh Anta Diop
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Mer Juin 24, 2009 21:20 |
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Ditengou
Inscrit le: 06 Aoû 2008
Messages: 7
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Hotep à toutes et tous. Merci à la soeur pour ce moment de partage aussi douleureux soit-il, mais qui nous garde en éveil, il le faut . Ce qui a été dit est absolument juste. . Ce que je dirai en plus c'est qu'il est plus qu'urgent de se mettre à fond dans le pragmatisme, mettre en place des associations d'aide aux personnes en difficultés et solliciter les quelques Kamites qui nous entourent et qui se sentent de s'impliquer dans des associations de ce type et c'est faisable. Il y en a peut-être déjà mais comme je ne vois que ceux manager par nos Colocataires, je le souligne (si possible j'aimerai en être informée).
L'Etat Fédéral nos Ancêtres et nos forces nous y conduiront, nous devons toutefois commencer où on le peut maintenant. C'est juste comme le dit un proverbe de Kemet "les bois dans un panier c'est un à un qu'on les mets".
Il faut être sur les deux fronts.
Le chemin est sans conteste long et éprouvant mais on le fait...
Puisse nos ANCETRES veillés!!!
Hotep
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Mer Avr 21, 2010 18:38 |
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sindel
Inscrit le: 26 Aoû 2010
Messages: 4
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Votre forum vit il encore? c'est dommage parce qu'il est super!
je serai disposée à le reprendre, l'administrer!
merci de me répondre.
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Jeu Aoû 26, 2010 20:50 |
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